
Quand on parle huîtres, nous viennent à l’esprit celles de
Cancale, de Marennes Oléron, d’Arcachon, de Normandie ou de l’étang de
Thau dans le Languedoc, mais rarement celles de
Prat-ar-Coum
dans le Finistère sont
citées. Et pourtant, elles sont, selon les grands chefs de cuisine
les
plus fines au monde.
Les
huîtres de Prat-ar-Coum
sont intimement liées à une famille, les
Madec,
installés à Lannilis dans le Finistère Nord à la fin du 19e siècle et
considérés comme les pionniers d’une ostréiculture dans les Abers, ces
bras de mer qui pénètrent dans les terres à la rencontre d’une rivière.
Dès leurs débuts, de très grandes tables comme l’Huîtrière à Lille ou la
Maison Prunier à Paris leur commandent des huîtres.
Les
générations qui se succèdent implantent des parcs d’élevage en eaux
profondes dans les rades de Brest et de Morlaix tout en continuant un
affinage particulier qui a fait la réputation de l’huître de
Prat-ar-Coum.
Ce dernier consiste à disposer les huîtres dans les Abers qui portent
les noms de Benoît et Wrac’h, riches en plancton. A cet endroit, l’eau
douce et l’eau de mer se croisent et les huîtres notamment les «
spéciales » y sont « ballottées » au gré des marées et finissent par
acquérir un goût à la fois doux et iodé et un parfum particulier de
noisette.
Depuis
les années 70, Yvon
Madec, qui gère un
domaine de plus de 80 hectares, a logiquement repris la suite de ses
aïeux et s’il devait un jour avoir besoin d’apporter la preuve que ses
huîtres sont d’une qualité exceptionnelle, il pourrait s’appuyer sur des
ambassadeurs de choix comme les chefs de cuisine Alain Ducasse, Jacques
Le Divellec, Pierre Gagnaire, Guy Savoy ou Marc Meneau qui n’hésite pas
à dire que si la
Prat-ar-Coum était
une voiture, ce serait une Aston-martin. On ne peut imaginer plus beau
compliment.
Philippe
Toinard : Les gourmandises de Philippe, coups de coeur et coups de
gueule dans la cuisine. |